Exposition

ART ET ARCHITECTURE : DIALOGUE

Du 10 Octobre, 2020 au 14 Mars, 2021

Cette exposition rassemble une sélection d'œuvres d'artistes qui ont dans le passé dirigé un atelier d'arts plastiques de la Fondation Botín et exposé leurs travaux à Santander, ainsi que des œuvres créées par d'anciens boursiers en arts plastiques de la fondation. L'exposition explore l'influence de l'architecture sur l'art et propose des réflexions sur la façon dont l'architecture façonne notre propre vie et articule l'interaction sociale.

Les histoires de l'art et l'architecture sont inextricablement liées. Les artistes et les architectes collaborent étroitement depuis des siècles, les premiers peignant des fresques et/ou créant des bas-reliefs et des sculptures à l'intérieur de bâtiments imaginés par les seconds. L'avènement du musée - un espace public dont la fonction première est de collectionner, conserver et exposer l'art - a modifié la dynamique de cette relation : le bâtiment étant devenu un réceptacle de l'œuvre d'art, la question de sa pertinence en tant que décor devient essentielle, d’autant plus si la personne qui a conçu le bâtiment en ce sens est un architecte de renom, comme dans le cas du Centro Botín.

Art et architecture : dialogue est la première exposition qui entame un dialogue avec l’édifice du Centre Botin, devenu une icône et un lieu de référence sur le Paseo Marítimo de Santander depuis son ouverture en 2017. L’Exposition aborde également la relation quelque peu ambiguë que les artistes entretiennent avec les architectes qui façonnent l'espace dans lequel ils présentent leurs œuvres, et le statut non moins ambigu des "architectes célébrissimes" qui sont aussi considérés comme des artistes.

Œuvres de: Leonor Antunes; Miroslaw Balka; Carlos Bunga; Martin Creed; Patricia Dauder; Fernanda Fragateiro; Carlos Garaicoa; Carsten Höller; Julie Mehretu; Jorge Méndez Blake; Muntadas; Juan Navarro Baldeweg; Sara Ramo; Anri Sala; Juliâo Sarmento.

L’ARCHITECTURE EN TANT QU’OBJET

De nombreuses œuvres de l’exposition s’inspirent formellement de la philosophie du minimalisme. Dans de nombreux cas, les artistes n’ont travaillé que sur le concept, laissant à d’autres la tâche de créer physiquement les œuvres. C’est le cas du projet Seven Sliding Doors Corridor de Carsten Höller, qui utilise des matériaux et des mécanismes électroniques pour faire vivre une expérience physique prototype de la modernité. No Window No Cry (Renzo Piano & Richard Rodgers, Centre Pompidou, Paris) d’Anri Sala est la réplique grandeur nature d’une fenêtre du célèbre musée parisien. Installée dans le Centre Botin, elle propose une réflexion sur le point de vue.

La structure creuse et triangulaire de Miroslaw Balka suggère l’entrée d’un autre espace, peut-être une mine dont l’ampoule nue qui éclaire l’intérieur s’éteint lorsque le visiteur s’approche pour avancer dans un couloir qui se rétrécit. Floor, l’œuvre de Patricia Dauder, est un assemblage de planches en bois usées et d’un morceau de papier, elle évoque un fragment de bâtiment abandonné, mais aussi une œuvre d’art Minimaliste. Jorge Méndez-Blake utilise des briques pour construire deux structures en forme de tour qui mettent en scène un livre de poésie symboliste qui servent, d’une certaine manière, de serre-livres surdimensionnés.

Certains artistes choisissent de créer leurs sculptures en s’inspirant directement de la structure linguistique de l’architecture, d’autres, en revanche, choisissent d’aborder des sujets qui relèvent davantage de l’ornemental, privilégiant peut-être ainsi une réflexion sur le statut de l’œuvre d’art dans le bâtiment. De fait, bien que les architectes se chargent souvent eux-mêmes de la finition de leurs constructions, ces finitions sont parfois le résultat d’une collaboration avec les artistes en arts plastiques.

Certaines des œuvres de l’exposition font référence à la grande tradition de la peinture murale ou fresque et de la sculpture monumentale qui fait partie intégrante de l’histoire de l’architecture. Carlos Bunga a, par exemple, choisi d’abriter une peinture tridimensionnelle sur carton dans une vitrine encastrée dans le mur de la pièce. Sara Ramo présente quant à elle, deux œuvres qui font allusion aux arts décoratifs, consistant en un insert mural et une colonne aux proportions monumentales. L’œuvre murale de Martin Creed créée une distorsion perceptive de l’espace en peignant avec des couleurs et des miroirs, deux matériaux traditionnellement utilisés dans les arts décoratifs.

Pour créer All of a Tremble (Rencontre I), Anri Sala s’est inspiré de la production semi-industrielle de papier peint pour fabriquer un instrument de musique, en fait fabriqué avec des cylindres d’impression comme ceux utilisés dans le passé pour créer des motifs sur papier. La structure métallique diaphane et suspendue de Leonor Antunes s’inspire des motifs textiles traditionnels d’Oaxaca (Mexique).

L’ARCHITECTURE EN TANT QUE SUJET

Le travail des architectes du Mouvement moderne a inspiré une série d’œuvres de Julião Sarmento, lui-même étudiant en architecture avant d’opter pour l’art. Carlos Garaicoa, qui a fait des études d’ingénieur, s’en sert pour réfléchir à l’état de décrépitude de Cuba, son pays d’origine. Combinant la structure architecturale des affiches publicitaires avec le langage de la propagande, il crée des collages qui rendent aux bâtiments en ruine leur caractère originel. L’installation, qui se compose de huit caissons lumineux et d’une grande table recouverte de couvertures à découper, comme celles utilisées par les graphistes, est en soi une sorte de construction architecturale.

Juan Navarro Baldeweg, qui est architecte de profession, a parallèlement mené une enquête sur la forme dans le domaine des arts plastiques. La peinture d’intérieurs a une longue tradition, mais ses deux œuvres en forme de diamant renvoient plus au plan architectural qu’à un véritable espace de vie. Le symbole, utilisé comme indicateur d’échelle, prend également la forme d’un élément décoratif.

Une approche similaire, bien que plus conceptuelle, est à l’origine de l’œuvre de Fernanda Fragateiro, dont l’installation se compose de trois éléments, chacun faisant allusion au projet social des « Robin Hood Gardens » d’Alison et Peter Smithson : un bâtiment qui était au départ un emblème de l’utopie moderne et qui a fini par en illustrer les imperfections. La structure de cette sculpture murale disproportionnée est une réplique de la façade géante de l’immeuble Smithson et interroge sur les conséquences d’une rationalisation excessive des espaces résidentiels qui peut ignorer les besoins concrets des individus qui les habitent. Fragateiro remet en question la fin même de l’utopie moderne en l’assimilant à une sculpture conceptuelle.

Cette approche critique de l’architecture en tant que construction alimente également le travail de Muntadas. (Clôtures) une série de douze photographies montrant les grilles d’accès aux logements dans les zones résidentielles de Sao Paulo – il pose une réflexion sur la façon dont, en essayant de protéger leurs propriétés des étrangers, les citoyens finissent par se cloîtrer, transformant leur foyer en une sorte de prison et inversant ainsi le concept même de sécurité.

Julie Mehretu se penche également sur l’importance de l’architecture en tant que cadre des structures et interactions sociales. Cette artiste a fréquemment recours à l’architecture dans son travail, utilisant souvent des dessins techniques et des silhouettes de bâtiments comme fondement de ses compositions. Ce polyptyque de gravures fait partie d’un corpus de travaux de Mehretu sur les destructions dues à la guerre civile en Syrie et sur la désillusion de l’échec du « Printemps arabe ».

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Salle 2

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