Centro Botín Joan Miró Esculturas

LE CENTRE BOTÍN PRÉSENTE: ‘JOAN MIRÓ. SCULPTURES 1928-1982’

  • Exposition du 20 mars au 2 septembre 2018.
  • Cette exposition est la première à aborder le processus créatif de Joan Miró à l’échelle internationale. Elle réunit plus d’une centaine de sculptures, d’objets originaux et de plâtres, pour la plupart inédits, dont il se servait pour assembler et créer ses oeuvres, ainsi que des dessins préparatoires, des photographies et des vidéos.
  • Commissaires : Mª José Salazar, membre de la Commission consultative des arts plastiques de la Fondation Botín, et Joan Punyet Miró, petit-fils de l’artiste et chef de file de la Succession Miró.

Le 20 mars prochain, le Centre Botín de Santander ouvrira ses portes à une exposition unique et anthologique, présentant les principales sculptures de Joan Miró et retraçant sa démarche créative d’exception, qui n’obéissait pas aux normes traditionnelles. Cette exposition rassemblera, pour la première fois, plus d’une centaine de sculptures, des différentes périodes artistiques de Miró (Barcelone, 1893 – Palma, 1983), outre des dessins, des ébauches de ses travaux, des photographies de l’artiste, des vidéos qui dévoilent son processus de fonte ainsi que les objets qui participèrent à la création de ses oeuvres, dont la plupart sont inédits, et qui ont fait l’objet d’une restauration à cette occasion.

L’assemblage de matériaux, que Joan Miró recueillait lui-même au détour de ses promenades champêtres, et la transformation d’objets de la vie quotidienne en éléments artistiques, distinguent le travail sculptural de l’artiste, pour lequel la liberté et la poésie furent l’essence de toutes ses créations. Joan Miró expliquait ainsi son processus créatif : « Je suis attiré par une force magnétique vers un objet, sans aucune préméditation, puis un autre objet me fascine, lequel se rattache au premier, produisant dès lors un choc poétique. C’est à l’issue de ce coup de foudre plastique, physique, que la poésie opère et cela ne fonctionnerait pas sans lui… ».

Le nouveau centre d’art de la Fondation Botín accueillera, en exclusivité, une exposition unique intitulée ‘Joan Miró : Sculptures 1928-1982’, à Santander, du 20 mars au 2 septembre 2018. Une exposition qui compte sur la généreuse collaboration de l’Obra Social « La Caixa ».

Cette exposition anthologique marque un tournant dans l’approche de la personnalité de Miró par rapport à la sculpture. Ainsi, on apprécie, pour la première fois, le travail créatif de l’artiste, à travers les objets originaux et la diversité des matériaux qui composent ses créations, la technique qu’il applique aux différentes fontes, les projets pour des monuments, ses idées qui se reflètent dans les ébauches ainsi que sa sélection des matériaux, jusqu’à l’ultime transformation qui aboutit à la pièce recherchée.

Organisée par Mª José Salazar, membre de la Commission consultative des arts plastiques de la Fondation Botín et experte des oeuvres de Joan Miró, et Joan Punyet Miró, petit-fils de l’artiste et chef de file de la Succession Miró, l’exposition présente une sélection d’oeuvres, de la première pièce créée en 1928, à la dernière qui date de 1982. Par ailleurs, tous les matériaux utilisés par l’artiste – le fer, le bronze, le bois, la peinture, les fibres de verre, le polyuréthane ou encore les résines synthétiques – y sont représentés. L’exposition dévoile également une sélection d’objets de la collection privée de Joan Miró. Ces curieux objets, de petite taille, qui s’entassaient sur les étagères de la bibliothèque de l’artiste, ont été généreusement cédés par sa famille, et constituent d’une certaine manière le fondement de son univers sculptural. Le peintre affirmait : « Je souhaite faire de grandes sculptures. Je m’y prépare en amassant des choses dans mon atelier ». Il est indéniable que le peintre « crée avec eux un monde fantasmagorique, ironique et ludique, où il semblerait même que la sculpture conjugue, de façon invraisemblable, des objets, obtenus par hasard, mais la réalité est tout autre. Joan Miró devinait et recherchait les formes », souligne María José Salazar.

Une grande partie des pièces proviennent de la collection privée de la famille de Miró, de la Fondation Miró de Barcelone et de la Fondation Pilar i Joan Miró de Majorque, tandis que d’autres oeuvres ont été cédées par des institutions internationales, parmi lesquelles The Museum of Modern Art de New York, The Pierre and Tana Matisse Foundation de New York, la Fondation Maeght de Saint-Paul-de-Vence et la Galerie Lelong de Paris, ainsi que le Musée national Centre d’art Reina Sofía, la Fondation « La Caixa» ou le gouvernement des îles Baléares.

Suivant la chronologie, l’exposition s’articule autour de cinq espaces. Dans les grandes lignes, on peut dire que «Joan Miro : Sculptures 1928-1982 » livrera une sélection de ses meilleurs ouvrages, assemblages, sculptures monumentales, ainsi qu’une variété de photos illustrant son processus créatif, prises par de grands photographes tels que Joaquim Gomis, Josep Planas Montanyà ou Francesc Catalá-Roca, des ébauches qui nous renvoient à son dévouement et à sa recherche constante des formes et, notamment, des matériaux originaux avec lesquels il conçoit ses oeuvres, seul dans son atelier.

Cette exposition comprendra de grandes oeuvres telles que Danseuse Espagnole (1928), son premier travail en quête d’une troisième dimension, ou la création Painting–Object (1931). On remarquera aussi d’autres oeuvres de l’artiste dont Femme, créant alors ses premiers bronzes en 1949, ou qu’il reprend un an plus tard, mêlant os, pierre et fer. Ses sculptures peintes, datant de 1967, telles que Femme et oiseau, Personnage ou Jeune fille s’évadant, entre autres, des sculptures monumentales, telles que Femme Monument (1970), Personnage et Porte I, toutes deux de 1974, L’Oeil attire les diamants (1974), où il reprend ses travaux expérimentaux, ou Souvenir de la Tour Eiffel (1977), une sculpture de trois mètres de haut qui se compose d’un assemblage d’objets.

Enfin, il convient de mentionner que cette exposition s’accompagnera d’une publication. Cette édition spéciale, qui recueillera des textes sur le processus créatif de Joan Miró, a été réalisée par Mª José Salazar, ainsi que Joan Punyet Miró et Emilio Fernández Miró, les petits-enfants de l’artiste. Ayant participé au montage de l’exposition en préparation depuis plusieurs années, ces derniers ont pu apporter leur connaissance directe. En plus d’une biographie des sculptures, ce catalogue immortalisera, pour la première fois, en photo, toutes les oeuvres exposées, qui seront complétées par des images des objets et matériaux, qui composent ou ont contribué à la création des oeuvres.

PARCOURS DE L’EXPOSITION

La sculpture Personnage (1974) reçoit le visiteur. L’exposition s’ouvre sur cette oeuvre qui pourrait résumer, dans un certain sens, le processus créatif de Joan Miró, avec l’assemblage d’objets divers et, finalement, l’exécution finale à la résine synthétique peinte. Ici, seront présentées les premières oeuvres de Joan Miró, dont nombre d’entre elles sont inconnues, de petites dimensions et très délicates, ainsi que les deux premières sculptures que l’artiste catalan réalisa en bronze, aux côtés de son premier grand ensemble monumental : Oiseau solaire (1966).

Avec cet espace, et dans une approche pédagogique, on découvrira le processus créatif de Joan Miró. Pour ce faire, différentes oeuvres seront exposées. Le visiteur pourra également apprécier les matériaux originaux que l’artiste ramassait au gré de ses promenades à travers la campagne, pour concevoir, par la suite, ses sculptures. Tel est le cas de Tête de taureau (1970) née d’une racine d’un vieil olivier.

L’artiste se sert également d’objets de la vie quotidienne, des savons, la figurine d’un paon d’une crèche de Noël ou un sifflet, exposés près de la sculpture finale, ou bien les plâtres préparatoires des oeuvres, retouchés et peints parfois par l’artiste, sans faire abstraction de ses travaux directs, comme lorsqu’il utilise son empreinte de pied, en quête de nouvelles formes. Dans cet espace, l’idée est de montrer que Joan Miró ne cherche pas et ne sélectionne pas mais trouve ce que son imagination débordante lui révèle, en personnalisant la sculpture, dont l’unité s’appuie sur la poésie même de la construction.

Le troisième espace abritera des oeuvres indéniablement singulières, des sculptures arborant différentes textures, des oeuvres s’inspirant d’objets de la vie quotidienne, comme la chaise haute de son petit-fils, d’autres créations, expérimentant à nouveau et retournant à ses origines et, notamment, des oeuvres inédites. En ce sens, sont présentées les trois oeuvres uniques, originales et complètes, qui sont conservées, des montages de Miró, avant d’être coulées dans le bronze.

Dans un quatrième espace, le visiteur pourra admirer ses projets monumentaux, ou ses sculptures filiformes, légères et, néanmoins, éloquentes. Ici, le visiteur découvrira Porte I (1974) et pourra visionner une vidéo retraçant le processus de fonte de cette oeuvre, conçue à l’occasion de son exposition au Grand Palais de Paris, en 1974.

L’exposition s’achèvera sur les grandes oeuvres en couleur de l’artiste. Miró se servait d’une gamme chromatique concrète et précise, dans des tons purs : vert, bleu, rouge, jaune, noir -, représentant la terre, la lumière et le soleil, et témoignant de sa prédilection pour les couleurs vives et brillantes de l’art roman, ainsi que son admiration pour Gaudí et ses oeuvres.

Ces différents espaces hébergeront des oeuvres monumentales, de plus de trois mètres de haut, suivant un ordre chronologique. Joan Miró souhaitait réaliser des sculptures de grand format, et les exposer dans des espaces urbains, pour toucher un plus large public.

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